Chronique | Le mix était-il un slogan ou une intention? C’est le temps d’en décider
Pour comprendre à quel point les prochains jours seront intéressants dans l’entourage du Canadien, il vaut la peine de se retremper dans l’ambiance qui régnait le 16 septembre dernier, lors du traditionnel tournoi de golf de l’organisation. Ce jour-là, avant de rencontrer les représentants des médias, Geoff Molson, Jeff Gorton et Kent Hughes avaient eu l’occasion de se concerter et de préparer leurs À la fondamentale question Le vice-président Gorton s’était pour sa part montré plus précis en affirmant qu’il voulait que son équipe soit encore dans le coup après la date limite des échanges. Cinq mois et demi plus tard, on saura enfin si En battant les Sabres 4-2 samedi, à Buffalo, les joueurs montréalais ont inscrit une quatrième victoire de suite pour la première fois en trois ans. Et surtout, ils ont franchi le troisième quart du calendrier à seulement trois points des Red Wings de Détroit et du dernier rang donnant accès aux séries éliminatoires. Bref, malgré l’un des pires camps d’entraînement et l’un des pires débuts de saison de l’histoire de l’organisation (le CH occupait le dernier rang de la LNH avec une fiche de 5-10-2 à la mi-novembre), les joueurs et les entraîneurs sont parvenus à redresser la barque. Ils ont depuis compilé la 12e fiche de la ligue et se retrouvent exactement où leurs patrons souhaitaient les voir, c’est-à-dire dans une position leur permettant de disputer des matchs importants après la date limite des échanges. Les plus pessimistes argueront que le Tricolore ne pourchasse pas seulement les Red Wings et qu’il est extrêmement difficile de gravir des échelons au classement lorsqu’on est engagé dans une course à quatre ou cinq équipes. Et lorsqu’on jette un coup d’œil au classement de l’Est, on constate que Montréal est en effet devancé (par des poussières) par les Sénateurs d’Ottawa, les Rangers de New York et les Bruins de Boston. Le Bleu-blanc-rouge est par ailleurs suivi, de très près, par les Flyers de Philadelphie et les Islanders de New York. La seule chose qu’on puisse répondre à cet argument, c’est qu’il s’agit exactement du scénario dont rêvaient les dirigeants lorsqu’ils soutenaient que leurs joueurs — qui sont au 2e échelon du classement des équipes les plus jeunes de la LNH — avaient besoin de disputer des matchs qui comptent pour prendre de l’expérience et éventuellement se qualifier pour le tournoi printanier. On pourrait par ailleurs attirer l’attention des plus pessimistes, ou des amoureux du stockage de choix au repêchage, sur le fait que la voie n’est peut-être pas aussi encombrée qu’elle en a l’air. En effet, les dirigeants des Rangers ont déjà commencé à vendre des joueurs et à affaiblir leur formation. Sans oublier que les patrons des Bruins ont aussi affirmé qu’ils prévoient de s’engager dans cette voie. Sachant cela, quelle crédibilité auront les dirigeants du Tricolore s’ils affaiblissent leur formation au cours des prochaines heures ou des prochains jours? Que pourront-ils dire à un vétéran comme Josh Anderson, qui rate systématiquement les séances d’entraînement et qui joue sur une seule jambe depuis un mois et demi pour tenter de garder son équipe en vie? Comment pourront-ils espérer développer des gagnants s’ils ne donnent pas à leur équipe la chance de se battre pour quelque chose d’important quand l’occasion se présente? Dans de telles circonstances, en tenant compte du fait que le CH détient déjà plus que sa part de choix au repêchage (12 en juin prochain, dont 7 lors des trois premiers tours), ne serait-il pas plus approprié de s’abstenir de négocier? Ne vaudrait-il pas mieux se donner la chance de mesurer où se situe véritablement le groupe que Martin St-Louis tente de faire progresser depuis trois ans? Et en tenant compte du fait que l’expérience des séries éliminatoires est aussi très importante dans le processus de développement des espoirs qui jouent à Laval, l’organisation n’aurait-elle pas intérêt à préserver la formation montréalaise afin de ne pas vider celle du Rocket? Au bout du compte, tout le monde comprend que les équipes de la LNH font du business, comme le disent si bien nos amis français. Au cours des prochains jours, on verra si le Canadien est encore dans le business d’échanger des actifs ou s’il a recommencé à penser que son activité principale consiste à gagner des matchs de hockey.lignes de communication
afin d’offrir un message cohérent à leurs joueurs et aux partisans. Et c’est à ce moment que la poétique expression on veut être dans le mix
avait été lancée dans l’espace public. qu’est-ce que le mix?
, Kent Hughes avait offert cette réponse : Pour que nous progressions, il faut que nos joueurs gagnent de l’expérience dans des matchs qui comptent et qui sont plus importants.
Lutter pour une place en séries serait important pour notre groupe. Ce serait une évolution. Au cours des deux dernières années, on a repêché au 5e rang (parce qu’on se situait dans les bas-fonds du classement). Ce serait bien de voir si on peut avancer
, avait-il déclaré. on veut être dans le mix
était un slogan vide de sens ou s’il s’agissait d’un réel objectif s’inscrivant dans un plan de développement nettement établi.
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